Le bio n'est pas moins productif !
Premier volet de réponse à l'article polémique : l'agriculture biologique n'est pas moins productive que l'agriculture chimique, bien au contraire !!.. Cela fait partie du lavage de cerveau ambiant, que le bio donne moins de fruits que l'agriculture conventionelle, et nous avons un grand nombre d'exemples de terrain qui prouvent le contraire. Quand on passe du conventionel au bio, il y a une baisse des rendements pendant la période de transition, mais à terme, on produit plus en bio, et avec moins d'eau, moins d'intrants, et surtout moins de dommages collatéraux pour l'homme et son environnement, donc au final, les champs bio sont bien plus productifs, il suffit de bien s'organiser. Un exemple : la méthode SRI pour le riz permet d'avoir des rendements dix fois supérieurs à l'hectare que l'agriculture chimique. La culture SRI consiste à cultiver le riz dans moins d'eau et le repiquer plus tôt, rien de très savant, juste du bon sens, et un peu de travail en plus, pour 10 fois plus de rendements, je l'ai vu de mes yeux,.., alors qu'on ne vienne pas nous dire que l'agriculture bio est moins productive... En revanche, si on réintègre tous les coûts externes de l'agriculture conventionnelle (pollution des sols, cancers de la peau liés à l'utilisation de pesticides,..) on se rendra compte qu'elle est beaucoup plus coûteuse à terme.

Bonjour
Je n ai rien contre l agriculture bio mais il est évident que pour certaines cultures l'écart de rendement entre bio et conventionnel n est pas que temporaire. Les champs bio ne sont pas plus productifs en général, cela depend des cultures, il n est qu a voir les ecarts de productivite entre champs conventionnels de coton aux US et champs bio de coton (et encore pas totalement bio) ici au Mali.
Je connais fort bien la methode SRI pour avoir travaillé plus de 2 ans dessus à Madagascar et je dois preciser qq points qui ne me paraissent pas exacts dans le raisonnement. Pour l introduction du SRI, en particulier a Mada (car methode inventée a Mada par le pere De Laulanié et popularisée depuis en particulier par l ONG malgache Tefy Saina, ONG tres bio), la comparaison n est pas entre bio et conventionnel mais entre pratiques traditionnelles (tout aussi bio que le SRI, pas d engrais chimiques et pas de pesticides) et pratiques nouvelles (le SRI). Le SRI instaure des nouvelles manieres de travailler pas si simples que cela et qui vont a l encontre des habitudes locales (repiquage tres precoce, nombreux assecs etc...). Et effectivement entre traditionnel (bio) et SRI (bio) on a des rapports de 1 à 10 (dans les cas les plus spectaculaires tout de meme).
Mais entre riziculture moderne ( conventionnelle) et SRI bio (car on pourrait tout a fait faire du SRI conventionnel), il n y a pas du tout ce rapport de 1 à 10.
De 1 à 1 peut etre.
Sinon sur l empreinte ecologique nettement plus nuisible des cultures conventionnelles par rapport aux cultures bio, j agrèe totalement.
Une petite remarque tout de meme, l Afrique est tellement en retard, ne pas lui interdire les engrais ou certains pesticides pour des motifs parfois tenant plus du dogme que du pragmatisme. Simplement intervenir pour motiver des pratiques raisonnées et raisonnables.
Bonne soirée
Rédigé par:rotsaka | le 19 février 2007 à 20:53
Au delà de la productivité entre les deux types d'agriculture, j'ai trouvé un article sur the independent qui parle des impacts environnementaux du Bio qui peuvent etre supérieurs à ceux de l'agriculture dite "conventionnelle" (donc intensive...)dans certains cas de produits. ils mettent même certains chiffres à l'appui...
je vous invite donc à continuer la polémique...
http://www.neomansland.org/article-5719474.html
Rédigé par:Neodim | le 20 février 2007 à 19:26
Au vu de nos expériences d'audit dans les pays tropicaux, cet aticle est totalement faux dans un contexte d'agronomie tropicale. Au contraire, l'agriculture bio en milieu tropical consiste à travers des systèmes d'agroferesterie (ou cultures composées), à garder toute la végétation ambiante y compris les arbres, donc de mieux préserver la biodiversité, les ressources en eau, la captation des gz à effet de serre, et, grâce à des techniques de paillage, de biodynamie, d'intensification naturel des moyens de production (type SRI pour le riz), d'éviter trop de travail mécanique ou manuel supplémentaire, de limiter naturellement et sans les tuer les nuisibles environnant, plus globalement de préserver l'écosystème de départ tout en cultivant avec des meilleurs rendements.
J'ai lu un certain nombre d'articles critiques sur l'agriculture bio, mais généralement elles sont pour moi plus liées à un manque de conaissance des pratiques ou plus à une critique de lagriculture extensive en pays tempéré qu'une approche mondiale avec la distinction des deux modes d'agriculture : tropical (qui concerne plus de la moitié de la population mondiale) et en milieu tempéré (qui n'interesse que nous !!!). Je trouve néanmoins ces articles interessants, ils montrent que en particulier lorsqu'il s'agit de l'environnement, les racourcis sont très dangereux,..
Amitiiés , Tristan LECOMTE pour l'équipe d'Alter Eco, fervents défenseurs de l'agriculture bio !! (au fait dans le super bilan environnemental de lagriculture chimique, on inclut les cancers de la peau, maladies occulaires et stérilité pour les travailleurs agricoles et leurs familles ?...)
Rédigé par:Tristan LECOMTE | le 21 février 2007 à 20:25
Bonjour
Je ne sais pas si la réponse s adresse aussi a mon post.
Sinon l'agriculture tropicale est fort diverse et l'agroforesterie et les cultures associées ne représentent qu'une part de l'agriculture du Sud, bien loin d en représenter la totalité. Donc effectivement ne pas faire de raccourci.
Ainsi une mono culture peut tout a fait etre bio et c est d ailleurs le cas dans nombre de pays du Sud. Bien souvent ce n est pas un choix mais une situation de défaut : pas assez de trésorerie pour se payer des intrants. Ainsi le bio du Sud (et de l Afrique en particulier), ce n est pas que l agroforesterie, le paillage, l integration cultures-élevage, les cultures associées mais ce sont plus généralement la plupart des cultures vivrières et meme beaucoup des cultures de rente menés par des agriculteurs pauvres qui ne peuvent investir.
Concernant la méconnaissance du bio ou la critique de l agriculture extensive dans le Sud, je ne crois pas que ce soit la le propos. La question c est plutot, le bio c est bien beau et c est bon pour l environnement OK, mais le Sud n arrive pas a se nourrir alors que faire ?
Le Vietnam est devenu une veritable puissance agricole du Sud (avec bcp d autres pays) et c est en choisissant la voie résolument intensive. Deja beaucoup de degradations de l environnement en particulier de l eau (il n y a qu a se promener dans les rizieres pour voir les monceaux de sachets de pesticides) mais mais mais il n y a quasi plus de sous nutrition. Alors quoi ?
Il me semble qu une voie raisonnée est possible au Sud, utiliser les produits a bon escient et seulement quand c est indispensable. C est de l interet du paysan (optimiser sa marge) et de la société. Loin des exces du Vietnam mais certainement pas 100% bio non plus. Les recettes bio sont souvent le fait d agri pointus quand elles sont choisies et cela meme au Sud (cf le SRI qui a bien du mal a decoller a Mada ou les TK améliorées qui sont encore le fait de trop peu de paysans).
A plus
Rédigé par:rotsaka | le 21 février 2007 à 21:05
j'adhère, il ne faut pas être dogmatique.
Rédigé par:Tristan LECOMTE | le 21 février 2007 à 23:22
Bonjour, ci-dessous ma modeste contribution à la diffusion du SRI (Système de riziculture intensive).
Contrairement à l'agriculture intensive classique le SRI est un système 100% naturel et j'explique le "i" de SRI par "intensivement rentable de manière naturelle".
Le SRI est diffusé auprès de 200.000 paysans malgaches (source Ministère de l'agriculture malgache) et dans 32 pays.
Le SRI c'est un rendement entre 4 et 12t/h (voire même beaucoup plus) au lieu de 2t/h avec le système classique.
Le SRI C'est une consommation d'eau divisée par 2 et une consommation de semence divisée par 10 !!
Le SRI c'est le respect de la biodiversité et la limitation du dégagement de gaz à effet de serre.
Qui dit mieux ?
Le SRI est praticable dès lors que l'apport en eau est maîtrisable dans la rizière car la grande découverte c'est que le riz n'est pas une plante aquatique mais une plante qui a besoin d'eau.
voir: www.tefysaina.org et http://ciifad.cornell.edu/sri/
Bien Cordialement
Nicolas Duriez à Lille
Rédigé par:Nicolas Duriez | le 22 avril 2007 à 15:25
Bonjour
Concernant le SRI, au dela de 10 tonnes ce sont tt de meme des resultats exceptionnels et pas la norme. Déja doubler ou ajouter 2 ou 3 tonnes a ses rendements, c est bien.
Le SRI est effectivement une méthode bio qui parait simple et qui permet d augmenter ses rendements, malgré tout elle reste une méthode très peu pratiquée en particulier a Madagascar.
2 raison de mon point de vue :
-les blocages a Mada sont multiples et complexes, ils sont la résultante de pratiques agro-culturelles bien ancrées (utilisation de l eau, stade de repiquage et densité de semis) et de contraintes techniques parfois prégnantes (gestion de l eau, disponibilité de main d oeuvre etc...). Ca en fait une technique tres difficile a approprier pour les paysans traditionnels.
-la technique est peu vulgarisée et elle n a pas été portée par de grands organismes (tel CIRAD qui soutient les pratiques sous couvert végétal) ou de grands projets nationaux.
Au final un petit nombre de pratiquants en regard des "bénéfices" apportés par cette technique. Dommage.
Il faudrait plus de M. Edmond (ATS de Fianarantsoa) pour diffuser le SRI, des vrais pédagogues de terrain...
Rédigé par:rotsaka | le 23 avril 2007 à 18:54
Bonjour,
Vous voudrez bien me permettre d'être un petit peu hors-sujet car en effet je ne vais pas faire un commentaire de vos posts respectifs.
Je suis un camerounais (Afrique Centrale) et je voudrai me lancer dans l'agriculture biologique et notamment dans la production d'agrumes (oranges, citrons, pamplemousse )mais aussi dans l'élevage (volailles, porcs et pourquoi pas de la pisciculture). Pourriez vous en quelque sorte me guider en me donnant le modus operandi pour se lancer. je précise que pour moi l'élevage et la pisciculture ne seraient engagées que dans un second temps. j'ajoute enfin que l'exploitation a une surface d'environ 15 ha sur 3 parcelles avec du palmier à huile sur les 15 ha. je voudrai donc reconvertir l'exploitation.
Rédigé par:Charles-Olivier BOUM-BISSAÏ | le 10 mai 2007 à 15:31
Bonjour,
C'est une vaste question et pas vraimment possible de répondre par mail. Le mieux est que vous trouviez une association locale ou un agronome qui puisse vous aider. Bon courage !
Tristan
Rédigé par:Tristan | le 10 mai 2007 à 15:39
nous avons constaté avec serieux que le seul moyen pour faire vivre le monde entier c'est bien l'agriculture et l'elevage, malheureusement nous autres ne savons comment faire pour être aider, trouver des subventions ou prêts.
nous attendons biens vos orientations dans ce sens
Rédigé par:ndzana etoundi ruben | le 09 mai 2008 à 13:25
merci pour votre site
je fais le tour des infos alternative, vraiment sympa!
ma question du jour:
comment faire pour vendre un truc utile aux paysans chinois en chine avec un microcrédit équivalent 20/30 euro sur deux ans?
1/ quelqu'un a t-il déjà tenté de le faire?
2/ personnes, ong, connaissant bien la chine rurale et bancaire auriez vous un commentaire?
Rédigé par:jousseaume | le 20 mai 2008 à 12:09