Un Alter-entrepreneur surfeur,..
Yvon Chouinard est un montagnard, un surfeur, trekeur, skieur, amoureux de la nature et,..., entrepreneur ! Il a fondé Patagonia, une marque reconnue dans les vêtements outdoor pour sa qualité et son engagement environnemental (entre autres Patagonia, a été la première à recycler des bouteilles de plastique pour réaliser ses polaires), l'entreprise est aussi reconnue comme une des meilleures "great place to work" par le great place to work institute (voir : http://www.greatplacetowork.com/), les meilleurs horraires de surf sont indiqués dans l'entrée du siège social à Ventura en Californie, il existe une crèche sur place pour les enfants des salariés,..,et Yvon Chouinard prône le MBA, Management by Absence,..., bref plutôt iconoclaste comme approche.. A lire : Let my people go surfing, traduit en Français : Homme d'affaires malgré moi : Confessions d'un alter-entrepreneur, chez Vuibert, avec une préface de François Lemarchand, le boss de Nature et Découvertes, un autre Alter-entrepreneur,..à lire absolument, c'est passionant, vivant, et sans chi-chi,.. un autre modèle à suivre pour nous chez Alter Eco,..pour le surf, on attend Paris Plage avec impatience,...

D'un alter-juriste qui a passé des années en Ethiopie à un alter-entrepreneur: soutenez-vous la légidiversité comme garantie de liberté pour les plus pauvres ?
Que pensez-vous de la position de Starbucks sur la demande de protection des appellations d'origine pour les cafés d'Ethiopie ?
Cordialement
JMB
PS- On peut avoir plus de photos sur l'Ethiopie !
Rédigé par:Jean-Marc Baïssus | le 10 février 2007 à 09:00
Par Legidiversité vous entendez légiférer sur la protection des espèces et appellations ? Nous sommes à fond pour bien sûr, tout ce qui tend à protéger la biodiversité va dans le sens de la protection des petits producteurs. Starbucks défenseur des producteurs de café Ethiopiens ça me fait sourrire, quand j'y suis allé, leur acheteur avait plutôt une réputation de tueur,.., Plus généralement, Starbucks est connu pour faire des contrats liés (pour compenser le surcoût du Commerce Equitable), donc reprendre d'une main ce qu'on a donné de l'autre,.., pas tellement dans l'esprit.. Quand aux photos, merci pour votre remarque,, j'y remédie tout de suite.... J'aimerais bien que vous développiez plus sur la legidiversité.
Amitiés
Rédigé par:Tristan LECOMTE | le 10 février 2007 à 12:54
Merci pour ces photos qui rappellent de bons souvenirs de 5 ans en Ethiopie, et qui auront pu montrer qu'elle n'est pas le désert qu'on imagine souvent en Europe. Et la richesse du paysage n'est rien face à sa richesse humaine, ce que traduisent bien vos photos.
La légidiversité c'est le fait de soutenir la diversité des systèmes de droit. Plutôt que d'accepter que le système de droit le plus puissant s'impose avec ses propres valeurs culturelles, encourager la légidiversité c'est maintenir la possibilité pour chacun de choisir la règle de droit la plus adaptée à sa propre situation économique, sa culture, ou ses valeurs.
En voici un exemple pratique et qui rejoint votre question. Si on a une vision purement libérale du droit, le plus rapide, le mieux outillé techniquement peut envoyer des équipes de chercheurs étudier les plantes endémiques d'Ethiopie pour identifier des séquences génétiques prometteuses, en matière pharmaceutique par exemple. Puis il les enregistre par un brevet. Ce faisant il s'approprie pour le futur tous les revenus éventuellement colossaux qui pourraient découler d'une exploitation de ces plantes, en déniant aux habitants du pays toute retombée financière.
La brevetabilité des inventions est une bonne chose en soi, mais elle peut aussi avoir des conséquences excessives.
Un pays comme l'Ethiopie a donc intérêt de s'inspirer de systèmes de droit qui érigent à côté de la propriété intellectuelle des normes inspirés de l'intérêt général, qui diront par exemple qu'il y a inaliénabilité du patrimoine naturel(règles de la domanialité publique). Ceci permettra ensuite de concéder par une licence l'exploitation de ce patrimoine à une entreprise dotée d'une technologie dont on ne dispose pas. Les revenus qu'on en tire bénéficient alors à la collectivité (écoles, routes, dispensaires ...), tandis que l'entreprise inventrice tire un bénéfice légitime de sa découverte. Au passage on veille aussi à maintenir la richesse du vivant.
C'est donc dans la diversité des sources de droit que l'on peut trouver un espace de liberté de choix, spécialement dans les pays les plus vulnérables aux rapports économiques.
C'est mon expérience de terrain en Ethiopie mais aussi dans pas mal d'autres pays en voie de développement qui inspire mon activité actuelle en faveur de la légidiversité.
Pardon pour la longueur de la réponse, mais c'est celle d'un passionné de droit.
Cordialement
JMB
Rédigé par:Jean-Marc Baïssus | le 11 février 2007 à 18:54
Bonjour
Je travaille aussi dans le dvpt depuis longtemps et je connais rien au droit, etant plutot technicien, mais votre étude de cas succincte est claire et montre vraiment l interet d une approche pluri disciplinaire du devpt.
Fort interessant en tous les cas,
Rédigé par:rotsaka | le 11 février 2007 à 20:03
Merci Jean-Marc pour l'info et c'est un beau combat. Amitiés
Rédigé par:Tristan LECOMTE | le 13 février 2007 à 10:26