Pour une révolution doublement verte !
Cette expression tirée d'un livre de Michel Griffon a fait tilt chez moi. On parle actuellement beaucoup du problème de pénurie agricole au niveau mondial et des émeutes de la faim, en particulier en Afrique. On réplique qu'il faut que l'Afrique à son tour fasse sa révolution verte. Ceci fait référence au modèle de la monoculture intensive et chimique qu'on a introduit comme la solution miracle depuis les années 60,.., et la concentration des terres agricoles, parfois à marche forcée, qui a amené un grand nombre de petits producteurs à devoir abandonner leurs terres. Donc oui à une nouvelle révolution verte mais pas comme la première, non à la pollution massive des sols et aux drames humains liés à ces réformes de grande ampleur mais aux dommages collatéraux parfois très lourds (plus de 10 000 suicides de petits producteurs en Inde, directement lié à la "révolution verte").
Comment ?
En utilisant toutes les techniques modernes de l'agriculture biologique intégrée, de la biodynamie, le micro-crédit pour aider les petits producteurs à s'équiper, le commerce équitable pour leur garantir des conditions d'achat décentes,... Oui à une révolution doublement verte et sociale aussi, car il s'agit de la vie de plus d'un milliard d'agriculteurs, soit plus de 4 milliards d'individus en comptant leurs familles, 2/3 de la population mondiale, donc un enjeu planétaire majeur. Oui à la petite agriculture paysanne, vivrière, à taille humaine, car elle garantit des pratiques culturales plus environnementales, mieux adaptées aux besoins des populations locales, et avec des rendements qui n'ont rien à envier à l'agriculture chimique, en particulier en milieu tropical.
Oui à une révolution verte qui garde en ligne de mire la souveraineté alimentaire et le droit des populations à vivre dans un environnement sain. On comprend que pour y parvenir, le modèle du Commerce Equitable, qui aide au renforcement des organisations de petits producteurs et les accompagne dans la transition bio, peut etre un vecteur privilégié pour cette révolution doublement verte. Les revenus supplémentaires générés sur les produits de rente permettent d'investir dans les cultures vivrières et les producteurs sont accompagnés par les ingénieurs agronomes des coopératives pour améliorer leurs pratiques et augmenter leurs rendements. AInsi, aujourd'hui, plus que jamais, et pour faire face au problème de pénurie, le Commerce Equitable est un modèle d'avenir.

Salut Tristan,
I've been a supporter of Fair Trade and Alter Eco for more than 2yrs now. I've been receiving Alter Eco newsletter every month too. Congratulations to you and your team for wonderful cooperations, exchanges, work and results around the world. I've been reading your blog from time to time to energize me and to instill hope while reading your stories. Thank you very much for sharing. Those wonderful photos are proves also that you're loving what you're doing and people benefit.
My question, (since I'm Indonesian but am living in France at the moment) are there any plans for you (Alter Eco) to venture in Indonesia? If not, why? I'd think that small cooperatives in Indonesia would greatly benefit too :-) I'm curious of your response.
Thank you in advance for your time and Best wishes for Alter Eco in the years to come.
Sincerely,
Maya.
Rédigé par:Maya | le 16 mai 2008 à 16:56
Bonjour,
Tout d'abord je voudrais vous dire que j'ai beaucoup apprécié de lire il y a quelques années votre livre sur le commerce équitable. Depuis, j'ai eu l'occasion de cotoyer AVSF au Pérou et la problématique m'intéresse largement.
J'ai découvert Michel Griffon tout récemment il y a moins d'un an avec son "nourrir la planète" ... Je dois dire qu'il a suscité chez moi un enthousiasme débordant, spécialement en fin de cursus agro (Istom). Il nous a montré à moi et mes camarades l'ampleur de la tâche à accomplir: une vrai révolution.
Je voulais vous faire partager une discussion plus ou moins intéressante que je viens d'avoir sur le blog de Thierry Crouzet. Il en ressort tout de même quelques éléments intéressants, en particulier les idées (assez répandues) de mon contradicteur sur la démographie et le contrôle de nataité.
Bien à vous et bonne chance avec altereco
# Fab a écrit :
Puisque Thierry, tu parles du néolithique, Je voudrais parler un peu (beaucoup) d’une révolution qui pourrait en entraîner une plus large : la révolution agricole.
La société dans laquelle nous vivons est héritée de cette nécessité de contrôler l’agriculture, un bien indispensable. Malassis (Nourrir les hommes) et Mazoyer (histoire des agricultures du monde) montrent dans leurs essais que la société moderne s’est souvent organisée dans l’objectif de maintenir l’agriculture sous domination (par le passé politique?, actuellement économique et financière?). C’est un bien stratégique fondamental. On a alors mis un organe au service d’une fonction: nourrir le monde.
Hors, l’agriculture aujourd’hui est face à un défi qui ne pourra être relevé sans remodelage de la société.
C’est sans nul doute un des plus grands défis qu’aura à relever l’humanité dans les 50 prochaines années.
Les constats sont:
- Désertification globale des sols: par exemple la chine va voir ses rendement diminuer du fait de la pollution, etc. Et devra compter sur des importations massives (notamment en provenance du Brésil)
- Changement climatique global : Les modèles montrent que le Brésil selon les modèles devrait sbir un assèchement notable (remise en cause de son leadership en terme de grenier du monde)
- La courbe de production se détache de la courbe démographique : en 2050, 9 milliards d’individus avec un constat actuel de plafonnement des rendements (diminution de l’efficacité des produits phytosanitaires et des engrais)
- Augmentation importante du prix des matières premières: (le labour deviendra un luxe, les engrais et phyto seront inaccessibles pour nombre de paysans)
- Diminution de la biodiversité : disparition des pollinisateurs qui verrait une perte de rendement de l’ordre de 25 à 30%.
Réponses possibles:
Développer une agiculture hautement productive et hautement écologique basée sur l’utilisation de la productivité naturelle des écosystèmes.
- compréhension fine du fonctionnement biochimique des sols et application à l’agriculture;
- utilisation des multiples possibilités qu’offrent le dialogue entre les plantes (exemple de l’accacia qui se fait brouter par une girafe et qui envoie des messages à ses congénèrent qui produisent une substance toxique qui tue cette même girabe si elle broute les feuilles de l’acacia suivant)
- développement de la lutte biologique avec compréhension fine des chaines alimentaires des écosystèmes…
Tout ça pour dire que l’agriculture va devoir:
- apprendre à lire la complexité,
- trouver des réponses adaptées à chaque type d’écosystèmes
On en vient donc à la révolution à travers un sujet que jusqu’à présent de nombreux intellectuel n’ont jamais jugé digne d’intérêt.
Le changement d’attitude que devra avoir l’humain face à ce grand défi pourrrait bouleverser les mentalités.
L’organe et la fonction. La révolution ne viendra pas sans une nécessité de réajustement d’une fonction vitale. L’alimentation en est une.
Les progrès à faire dans la recherche pour arriver à cela sont tellement énormes dans un pas de temps tellement court que les modèles de privatisation de l’intelligence (brevets) ne pourront pas tenir.
Nous arriverons donc forcément de manière directe ou induite à une réflexion sur l’organisation de la société et à la révolution social tant attendue.
Pour plus de détails sur cette révolution agricole: Michel Griffon, Nourrir la planète (éd. Odile Jacob)
Bien à vous
# Paul .ca a écrit :
Désertification “globale” dans le sud et les régions trop peuplés ? mais j’ai une question.
Avec le RC, est il possible que des régions couvertes de neige deviennent fertile et utilisable ? Certains se frottent les mains avec des voix maritimes qui vont s’ouvrir avec la fonte des glaces.
Depuis très longtemps, une grande majorité de gens connaissent l’importance de l’alimentation et de l’eau potable pour en manquer gravement. Alors avec le RC, l’explosion récente de la population en Afrique & Asie un nouvel équilibre va se maintenir grâce à plusieurs ingrédients : certains vont dépérir +/- naturellement (famine, maladie, guerre) certains vont choisir l’exode (+/- autorisé pour compenser la population vieillissante des pays développés ayant une faible natalité) et le reste va s’adapter et survivre. Au Canada, dans les grandes villes comme Toronto ou Vancouver, 50% sont des immigrants. En Californie, l’espagnol (mexique) est devenu de fait la seconde langue et à Vancouver (Colombie britannique) le chinois doit l’être également avec l’anglais.
Voilà l’évolution sociale que je vois dans les 50 prochaines années. Pas de révolution agricole ou politique au sens ou les gens l’entendent (1789) mais un déplacement de population.
Comment les avions vont ils pouvoir voler sans essence ?
Nous restera les voiliers avec un petit moteur électrique d’appoint.
Le progrès pour la traversée de l’atlantique sera de passer de 8h à un mois de croisière grâce aux congés payés. :D
N’oublions pas le grand exode du XXe siècle après la 1ere et la seconde guerre mondiale avec les européens qui ont immigré en masse vers l’Amérique du Nord.
#Fab a écrit :
C’est un scénario catastrophiste qui est, il est vrai, tout à fait envisageable.
Je préfère m’imaginer qu’il y a encore des solutions possibles et que tout n’a pas été tenté. J’aime bien les parallèles avec la biologie: dans la nature il n’y a pas antagonisme entre coopération et compétition. Dans les milieux les plus hostiles, il apparaîtrait qu’il y a effectivement compétitition entre espèce mais également une coopération accrue qui revêt une importance vitale (cf. les plantes accumulatrices de nickel en Nouvelle-Calédonie qui ne pourraient vivre sans les symbiotes sur leurs racines mais dont la chute des feuilles diffusant les métaux lourds limite l’arrivée de nouvelles espèces). Je pense que ces nouvelles avancées en Biologie pourraient révolutionner les esprits de même que la théorie darwinienne de sélection naturelles (celui d’une nature où la compétitition fait rage) a sans doute pu justifier un tas d’ignominies.
Bref, dans notre cas, je pense que les deux options cohabiteront, peut être une compétitivité accrue au niveau global (Europe forteresse, Etats-Unis entourés de barbelés…) et une plus forte coopération à un niveau local (avec des ensembles régionaux)?
Sur le thème de l’énergie et de régionalisation des échanges, je suis d’accord avec toi que c’est une absurdité énergétique que la Chine importe ses céréales et oléagineux du Brésil.
Pour ce qui est de l’immigration, j’ai peur que l’Europe ne suive pas la voie du Canada (Entrée des pays de l’Est avec une démographie encore dynamique et augmentation du taux d’accroissement des pays d’Europe de l’Ouest)
Je me suis toujours méfié des théories mathusiennes. Je discutais de cela il y a peu avec un ami. Il en est ressorti que finalement, si ça avait été l’ordre naturel très bien on aurait pu les laisser crever. Mais, c’est avant tout l’histoire et la géopolitique qui ont créé la situation que nous connaissons actuellement. De ce point de vue, les laisser de côté serait une saloperie.
Concernant la désertification, elle n’est pas sensible uniquement au sud comme tu le dis mais à un niveau beaucoup plus global (Problèmes d’érosion énormes aux Etats-Unis par exemple). En 2070, le climat à Paris pourrait être celui de Montpellier (- 200 mm de pluie par an!)
Pour ce qui est des nouvelles zones cultivables que tu as évoqué, il apparaîtrait que la Sibérie pourrait se réchauffer suffisament pour permettre une agriculture à grande échelle. Or, toutes les études pédologiques montrent que la mise en culture des permafrost sibériens verrait des dégagements de méthane en des quantités gigantesques.
Je n’aime pas trop le déterminisme géographique non plus. Il est possible de mieux gérer l’eau. Des travaux récents remettent totalement en cause les barrages au profit de petits aménagements multiples tout le long d’un cours d’eau qui limiteraient (cf. les aménagements hydriques des incas dans des zones relativement peu dotées en ressource en eau.) l’évaporation et permettraient d’assurer un continuum irrigué.
En résumé, avec:
- de grandes avancées technologiques grâce à des investissements importants dans l’agriculture (les derniers datent de la révolution verte en Inde pour lutter contre le communisme!! donc par souci de compétition)
- des investissements massifs (la Banque mondiale à fait de l’agriculture sa priorité après des années d’ajustements structurels) et coordonnés.
L’espoir peut-être au rendez-vous.
# Paul .ca a écrit :
Fab,
L’espoir oui mais pour qui ?
Je suis assez d’accord et je me fais un peu l’avocat du diable ;)
Les grandes avancées technologiques amènent aussi leur lot de problème en soi et aussi du pire qu’elles rendent possible. Le bilan n’est pas facile à faire et il nécessite plus de recul entre les bénéfices et inconvénients à court terme et ceux à très long terme.
Notre psychologue Mark van Vugt doit savoir que l’humain est un animal social mais comment réagit il quand il est entassé, à l’étroit. Les citadins des mégapoles sont ils heureux bloqués dans les embouteillages, entassés debout dans les transports en commun ? Sont ils satisfait de leur qualité de vie et de l’air qu’ils respirent grâce au progrès de l’automobile et de l’industrie ? Certes ils vivent plus longtemps dans les pays dit développés.
Et puis les grandes avancées technologiques ne bénéficient pas à tout les pays, voir à tous les citoyens d’un même pays développé.
Sinon en regardant une carte mondiale, on note que le sud des USA et de la Chine est situé sur les mêmes latitudes géographiques que l’Afrique du Nord.
L’Europe contourne son immigration zéro avec l’élargissement à l’Europe de l’ouest et demain avec la Turquie. Je suis pas certain que c’est la meilleure méthode plutôt que l’immigration légale et choisie du Canada. A suivre …
# Fab a écrit :
C’est normal de se faire l’avocat du diable dans le contexte actuel.
Mais cette révolution “doublement verte” aurait évidemment pour principal objectif la lutte contre la pauvreté (pas seulement au sens matériel) bien sûr:
- Aujourd’hui, on sait que 1$ investit dans l’agriculture est plus efficace en terme de lutte contre la pauvreté qu’1$ investit dans n’importe quel autre secteur (c’est la banque mondiale qui l’a admit récemment),
- On sait que la pauvreté est essentiellement RURALE et qu’environ 600 millions de paysans ne peuvent pas vivre de leur production;
- que les villes des pays du sud ne s’approvisionnent pas dans leurs propres zones rurales mais dans par des importations;
- que les prix des matières premières agricoles avaient été jusqu’ici exagérément (et artificiellement) bas;
Alors, je pense comme beaucoup d’agronomes et d’économistes qu’il est temps pour les paysans (du sud) de profiter de cette hausse des prix des matières premières agricoles. Pour cela, il faut de larges investissements en infrastructures et leur donner les moyens de produire en quantité et dans le temps, par des innovations technologiques.
Quant aux impacts globaux, je pense qu’ils seront évidemment bien pire si rien n’est fait.
Une des question principale sur développement n’est-elle pas qu’il agit comme un apaiseur social, retardant ainsi d’inévitables grandes révoltes?
Mais pour moi, à problème global, il faut une réponse globale (même si les initiatives locales peuvent servir de pistes de réflexion), la plus équilibrée et la plus juste possible…
# gravatar.comPaul .ca a écrit :
9 July 2008 @ 13:30
Fab,
Un physicien vous dira que l’équilibre est souvent dynamique avec des forces antagonistes et pas statique.
Si vos paysans qui gagnent un peu plus d’argent avec la hausse des prix des matières premières agricoles, font plus d’enfants on peut retomber dans la même pauvreté par personne. Les pays d’Afrique et l’Inde ont doublé leur population en une génération ou un peu plus. Imaginez cela en Europe.
il faut investir chaque $1 pour faire baisser la surpopulation (en fonction des ressources du pays en eau et nourriture) et revenir à moins de 3 milliard d’humains comme en 1960.
http://www.worldometers.info/population/
La politique chinoise de l’enfant unique était sans doute trop radicale et mal appliqué mais a permis d’avoir une courbe moins forte qu’en Inde.
Mieux vaut que cet équilibre soit doux et bien géré par l’humanité qu’imposai +/- brutalement par notre environnement.
# Fab a écrit :
Paul, je trouve que ta théorie néo-mathusienne et tes affirmations sur la soit-disant dynamique reproductive des paysans pauvre est très malvenue pour qui rêve d’une société libertaire, ou en tout cas participe à ce débat d’idées.Je veux bien que tu sois là pour faire le débat contradictoire mais faut pas pousser le bouchon trop loin.
- En démographie, on constate qu’avec l’éducation et l’élévation du niveau de vie, le nombre d’enfant par femme a une tendance “naturelle” à diminuer (désolé de contredire tes prétendues connaissances en démograhie - le débat était il y a quelques temps était de savoir s’il y avait beaucoup de conneries sur ce blog, là c’en est une très belle);
- La progression de la natalité est marquée par une grande inertie temporelle. Quelle que soient les comportements démographiques spontannés et les politiques de contrôle des naissances, les ordres de grandeur de la progression démographique ne se ressentiront pas avant un demi-siècle, si action immédiate…
Même la pandémie du Sida, bien qu’elle agisse sur la reproduction, n’a pas trop d’effet de régulation sur la population mondiale (elle représenterait une perte de 300 millions de personnes).
La transition démographique est déjà trop avancée pour quelconque action. Il faut accepter le fait qu’en 2050, la population mondiale atteindra un plafond 9 milliards de personnes.
A moins d’un grand cataclysme, que tu sembles attendre avec impatience (pour pouvoir mieux respirer au canada ou contempler la catastrophe avec jouissance?), je ne vois pas comment dans l’immédiat on pourrait revenir à 3 milliards d’habitants…
Un conseil de lecture pour aider à penser (et c’est une piste constructive celle-la) que j’ai déjà mentionné dans un commentaire sur un autre billet: la méthode d’Edgar Morin.
Il n’y a pas eu de débat sur son oeuvre sur son blog et c’est dommage, mais ça vaut le détour. (et je ne prétend pas que j’applique sa méthode pour penser)
Mais quelques clefs sont intéressantes pour penser les objets complexes:
- pluridisciplinarité (ce qui implique de sortir de l’écueil de tout déterminisme)
- changement d’échelle
- approche diachronique
# Paul .ca a écrit :
“À l’analyse de Malthus, les néo-malthusiens, d’inspiration libertaire, et soucieux avant tout du bien-être des larges masses, ajoutent leur refus horrifié de produire massivement de la chair à canon pour les guerres à venir et leur proclamation du droit à l’avortement, afin de permettre aux enfants désirés de vivre dans les meilleures conditions matérielles, intellectuelles et affectives.”
http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9o-malthusien
Oui c’est vrai je partage un peu cette opinion là.
> En démographie, on constate qu’avec l’éducation et l’élévation du niveau de vie, le nombre d’enfant par femme a une tendance “naturelle” à diminuer.
C’est exact de ce que j’ai lu comme étude mais la tendance n’est pas assez forte pour éviter de doubler sa population en 30 ans et ça crée déjà des problèmes par ex. d’eau potable et d’électricité pour des pays d’Afrique du Nord comme l’Algérie. J’en ai discuté avec un algérien immigré au Québec et vu des documentaires.
Quand au grand cataclysme, je ne le souhaite bien évidemment pas mais je le prévois SI on continuait longtemps à ce rythme. Ceci dit plusieurs indicateurs de prise de conscience sont assez rassurant.
# Fab a écrit :
9 July 2008 @ 17:06
Évidemment je suis d’accord et c’est même le point de départ de l’analyse: il y a crise, c’est même le point de départ de ce fil.
“Le monde est mal parti: chez les pauvres, la famine; chez les riches l’asphyxie. L’égoïsme des nantis nous condamne tous à mort” écrivait René Dumont dans l’utopie ou la mort en 1974
Mais il faut faire preuve d’honnêteté intellectuelle, la démographie n’est pas la seule cause, même si elle est est évidemment une.
Le cas des grandes famines en Éthiopie dans les années 70: c’était une cause politique et non d’insuffisance alimentaire. Le nord était en dissidence avec le gouvernement. Le sud avait un excès de production. L’achemeniement ne s’est tout simplement pas fait.
Oui le cataclysme est prévisible. Et c’est justement en connaissance de cause et en partant du principe que toute action forte et immédiate sur la natalité n’empêchera pas la population mondiale d’atteindre 9 milliards de personnes en 2050 qu’il faut prendre les mesures en conséquence ! Car l’urgence alimentaire, elle, est bien réelle…
Pour ce qui est de mes mots durs à ton égard, j’estime tout simplement qu’il n’est pas acceptable d’écrire de tels propos sur les paysans qui feraient (contrairement à une règle générale) plus d’enfants en étant riche. Le constat est inverse: c’est justement en sortant les paysans de la pauvreté (grâce au tremplin que peut être la triade éducation-innovation-investissement) que se résoudront les problèmes démographiques.
Les libertaires parlent de droit à l’avortement et non de stérilisation forcée (ou autres méthodes autoritaires).
Enfin, on en est presque au consensus, non?
Je ne sais pas s’il est nécessaire de débattre sur les causes et les conséquences de cette crise plus longtemps.
Sur les moyens à employer, tu as évoqué la restriction de la natalité (qui est une piste à long terme), l’immigration qui en est une autre (une répartition plus égale de l’humanité en fonction des ressources qu’elle peut fournir?) mais aussi, et c’était là le sens initial de mon intervention, de développer de nouvelles technologies basées sur une “copie” du fonctionnement des écosystèmes dits naturels pour mettre en place une agriculture hautement productive et écologique !
On ne parle plus ici de concept et de théories de révolutions mais d’une transformation inéluctable, pratique qui doit être mise à profit par les philosophes et tous les penseurs qui devront accompagner ce changement unique dans notre histoire pour transformer la société… Cette révolution pourrait modifier le rapport de l’homme à la nature, et de manière induite le rapport que l’homme entretien avec ses congénères!
Rédigé par:Fab | le 09 juillet 2008 à 21:05