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Distribution
Tendances de consommation : le fort développement du marché du Commerce Equitable.
Une tendance de fond des consommateur
Selon un sondage IFOP réalisé en octobre 2001, à qualité égale 90 % des consommateurs français affirment donner leur préférence à un produit du Commerce Equitable, donnant une plus grande information sur la filière de fabrication et de commercialisation du produit et sa valeur ajoutée sociale et environnementale.
Le consommateur veut une information totale sur les produits qu’il consomme et la garantie qu’ils ont été fabriqués dans des conditions décentes pour les salariés. Plus généralement, la tendance indique que le consommateur est devenu "consom'acteur", il a un niveau d’exigence supérieur vis-à-vis du distributeur et de la marque, il appelle à une responsabilisation de l’entreprise, de sa marque et de ses produits (Brand and Product Accountability).
L’engagement des Institutions, Entreprises et associations pour le Développement Durable
L’entreprise se doit de répondre en communiquant sur les garanties de sécurité alimentaire et d'hygiène apportées au produit ainsi que sur la « triple performance » (triple bottom line) économique, environnementale et sociale de son activité. Au départ, celle-ci s’était contentée de se prémunir contre cette tendance, qu’elle considérait comme une menace potentielle pour son image et sa réputation. A présent, une grande majorité d’entreprises s’engagent pour le Développement Durable (Monoprix, Lafarge, PricewaterhouseCoopers, Shell,..) et prouvent que ce mouvement citoyen et moralisateur de l’économie peut être utilisé comme un vecteur d’amélioration de sa qualité, de développement stratégique et d’amélioration de son image de marque.
Le désir de transparence et de traçabilité largement exprimés par les consommateurs, associé au mouvement de fond pour le Développement Durable dans les institutions, entreprises et associations soutiennent actuellement la forte croissance du marché du Commerce Equitable non seulement en France, mais plus généralement en Europe et aux Etats-Unis.
Le Commerce Equitable, qui consiste à commercialiser des produits de petits producteurs de pays pauvres en garantissant le respect de critères sociaux minimum et la participation au développement durable des producteurs répond en effet précisément à ces attentes.
Un démarrage lié à l'introduction récente des produits dans les circuits de la grande distribution en Europe.
Le Commerce Equitable, principe né au milieu des années 1960 dans les pays d’Europe du Nord à l’initiative d’associations de solidarité internationales n’avait connu jusqu’à présent que des taux de croissance limités en raison de la faiblesse des circuits de distribution. Plus récemment, la réussite de l’introduction du café équitable, sous le label max havelaar par exemple, chez la plupart des grands distributeurs européens a ouvert la voie à l’ensemble des produits labellisés du Commerce Equitable. Les thés, jus de fruits, sucres et bananes des filières équitables ont atteint des taux record de pénétration du marché en Europe du Nord : 20 % pour la banane équitable en Suisse (dont 14 % est aussi labellisée bio) en l’espace de trois ans, 7 % pour le café en Hollande, 5 % en Allemagne.
L’Europe du Sud où le Commerce Equitable a été plus lent à démarrer connaît un fort phénomène de rattrapage avec des taux de croissance du marché de 30 % en Italie et en Espagne. Le cas Français est emblématique des potentiels de croissance du marché : après vingt années durant lesquelles les produits du Commerce Equitable étaient vendus dans des réseaux associatifs militants, l’introduction du café chez l’ensemble des distributeurs de l’Hexagone a permis d’enregistrer des taux de croissance des ventes de plus de 100 % par an.
Mais nous ne sommes qu’au début d’un phénomène qui devrait progressivement concerner plus d’une centaine de références dans le domaine alimentaire et autant dans le non alimentaire. On s’attend en effet à ce que les produits du Commerce Equitable connaissent un niveau de développement comparable à celui des produits biologiques d’ici à 10 ans. En valeur absolue, le Commerce Equitable n’affiche qu’un modeste 350 millions d’euros de chiffre d’affaires au niveau mondial réparti sur 14 000 points de vente mais il pourrait atteindre un chiffre dix à vingt fois supérieur au cours des cinq prochaines années.
L'alimentaire : une progression rapide et en accélération.
A l'heure actuelle, les produits les plus vendus (tous introduits dans des circuits de la grande distribution) sont le café, le cacao, la banane, le thé, le miel le sucre et les jus de fruit. Ce marché des produits alimentaires labellisés du Commerce Equitable a enregistré en 2000 une troisième année consécutive de hausse avec + 15,7 % de croissance en volume. Ceci représente 40 000 tonnes de produits importés.
Le café et la banane représentent à eux deux 85 % des importations en raison de leur fort taux de pénétration sur le marché européen. Néanmoins, la banane a encore enregistré un taux de croissance des ventes important (+ 22 % en volume) en Europe en 2000 pour atteindre 22 000 tonnes de produits importés.
Les autres produits sont encore à un stade d'introduction progressive dans la grande distribution, en particulier en France, en Belgique et au Canada. Pour ces produits, on peut noter quelques progressions spectaculaires comme l'augmentation des ventes de thé en Angleterre de + 17 % alors que ce marché représente déjà 66 % des ventes en Europe, ainsi que les importations de miel qui ont été multipliées par 10 entre 1999 et 2000 (principalement en raison du succès de la barre énergétique et diététique Geobar qui contient du miel).
Le cacao poursuit sa forte progression sur le marché européen, particulièrement en Angleterre, Allemagne, Italie et en Suisse où l'on enregistre des taux de croissance à deux chiffres.
Enfin, le jus d'orange introduit en Septembre 2000 aux Pays-Bas dépassera les 600 000 litres vendus pour la première année, avec un taux de pénétration des circuits de distribution de 30 % seulement. Ce succès s'explique en particulier par l'introduction du jus d'orange dans la chaîne de distribution Albert Heijn ainsi que deux autres chaînes régionales. Au terme de ses trois premières années d'introduction en Europe, le jus d'orange devrait donc atteindre les 2 000 tonnes de produits importés.
En dehors du café déjà largement distribué (66 % des ventes d'alimentaire équitable), il reste donc un très grand potentiel pour la majorité des autres produits et l'accélération de l'introduction de ces produits dans les circuits de la grande distribution au cours de l'année 2001 devrait accroître le rythme d'augmentation des ventes autour de 25 % (de croissance annuelle en volume).
Le lancement des produits Alter Eco chez Monoprix
En avril dernier, notre société Alter Eco (société spécialisée dans l’importation et la distribution de produits du Commerce Equitable) introduisait une gamme de 13 produits alimentaires équitables chez Monoprix, les résultats de ce lancement sont dès à présent largement au dessus de nos prévisions (3 produits vendus chaque minute !).
Le non alimentaire
Le non alimentaire connaît pour l'instant des taux de croissance limités (+10 % en moyenne) car aucun produit n'a encore été vendu de manière permanente dans la grande distribution. Les produits, principalement des produits d'artisanat, n'étaient pas adaptés à la demande et aux types de produits vendus régulièrement en grandes surfaces.
Néanmoins, le développement continu de nouvelles gammes de produits utilitaires dans le domaine de l'habillement, de l'art de la table et de la décoration d'intérieur laissent entrevoir de très fortes perspectives de croissance. Les assiettes, verres, couverts et bougies, tee shirt en coton biologique et autres écharpes et accessoires de mode devraient faire leur apparition dans la grande distribution d'ici fin 2002. On estime qu'actuellement de 10 à 15 % des références non-alimentaires vendues dans la grande distribution trouvent leur équivalent sur le marché équitable...
Un surcoût marginal
Le surcoût du Commerce Equitable concerne principalement le revenu supplémentaire attribué aux salariés pour atteindre un niveau décent de rémunération et la prime de solidarité attribuée au centre de production pour le financement de projets économiques (équipement, modernisation des équipement), environnementaux (reboisement, traitement des déchets) ou sociaux (mise en place d'un fond de prévoyance, construction d'une école, d'une route, etc.).
La masse salariale nécessaire pour la fabrication d'un produit ne représente en général pas plus de 10 % du prix final du produit, ainsi, une augmentation des salaires de 20 %, aura un impact de 2 % au maximum sur le prix final du produit. L'exemple le plus connu dans ce domaine est celui de la paire de chaussures de sport :
La masse salariale totale contenue dans une paire de chaussures de sport représente 1,72 % du prix final. Dans ce cas, une augmentation de 1 % du prix final permettrait l'augmentation de la masse salariale de 58 % !…
Le surcoût du Commerce Equitable reste donc marginal pour l’industriel et le distributeur (de +0.1 % à 1 % de surcoût) et permet en contrepartie une forte valorisation de son image auprès de l’ensemble des parties prenantes ( stakeholder ) : clients, actionnaires, salariés, media, société civile et institutions.
Un déplacement des frais Marketing de l’aval vers l’amont
On considére que le business model du Commerce Equitable repose sur un déplacement des frais Marketing de l’aval vers l’amont, de la promotion de la marque (Brand Promotion) vers la responsabilité de la marque (Brand Accountability). Tous les frais supplémentaires se répercutant sur le prix d’achat du produit sont compensés par la valorisation qui peut en être faite auprès du consommateur. Il en résulte des économies de frais marketing rendus possibles par une valorisation naturelle du produit, de sa triple qualité (économique, sociale et environnementale) et la fidélisation du consommateur à la marque « responsable ».
Les démarches et outils de mise en place
La mise en place d'une démarche de commerce équitable chez l'industriel ou le distributeur passe généralement par la définition préalable d'objectifs stratégiques en terme de positionnement sur les thèmes du développement durable, de la responsabilité d'entreprise et de la marque ainsi que sur la transparence et la traçabilité. Ces sujets sont en effet intimement liés et le distributeur doit avoir une idée claire de ce qu'il désire et peut réellement apporter comme garantie supplémentaire au consommateur. Les objectifs sont ensuite traduits en tableaux de suivi de l'évolution du nombre de références apportant ce garanties sociales, environnementales et de transparence au consommateur. D'autres initiatives complémentaires peuvent être prises en interne pour la valorisation de pratiques améliorant la qualité sociale et environnementale de l'entreprise.
Le distributeur peut alors entamer un programme de communication institutionnel et promotionnel, à travers la publication d'un rapport annuel de développement durable par exemple et différentes opérations promotionnelles sur les points de vente. Grâce à cette stratégie, il se différencie de ses concurrents et répond aux attentes des consommateurs.
La recommandation généralement faite est de conseiller au distributeur un audit et une mise à niveau éthique de ses fournisseurs les plus exposés à un risque de scandale social ou environnemental, accompagné du référencement de produits du commerce équitable pour lesquels il pourra fortement valoriser sa démarche.
Ainsi, il existe une forte complémentarité entre l'audit social et le référencement de produits du commerce équitable, le premier concernant la protection de la marque et le second la promotion de la marque. La mise en place des audits et du suivi des producteurs suivant la norme FTA 200 (méthodologie quantifiée d'audit et de suivi de Commerce Equitable) ainsi que des systèmes de traçabilité interactifs associés à ce type d'audit permet de minimiser les risques et d'optimiser les outils de communication liés à l'utilisation de l'éthique comme argument de vente.
Aucune contrainte legale à ce jour, le marché est auto-régulé
Il n'existe à ce jour aucune contrain